Médiateurs et lieux de médiation de l’Europe du Sud-Est en France – 14 novembre 2014
Médiateurs et lieux de médiation de l’Europe du Sud-Est en France.
Date : Vendredi 14 novembre 2014.
Lieu : Institut d’études slaves, 9 rue Michelet, 75006 Paris.
Matinée
Présidence : Antoine Marès (professeur d’histoire de l’Europe centrale contemporaine à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
9h30 Introduction générale
9h45 Bernard Lory (professeur de civilisation balkanique, Inalco) : Premiers voyageurs français dans la Bosnie-Herzégovine sous occupation austro-hongroise (vicomte de Caix de Saint Aymour, Edouard Marbeau).
10h15 Paul-Louis Thomas (professeur de serbo-croate à l’Université Paris-Sorbonne) : L’introduction de l’enseignement du BCMS en France et ses développements.
10h45 Discussion et pause
Présidence : Philippe Gelez (MCF à l’Université Paris-Sorbonne)
11h30 Daniel Baric (MCF Langues et littératures germaniques à l’Université de Tours) : Le byzantiniste Charles Diehl (1859-1944) et ses publications consacrées aux Slaves du Sud dans le contexte des relations franco-allemandes et franco-autrichiennes.
12h Veljko Stanić (chercheur à l’Institut d’études balkaniques, SASA, Belgrade) : Un médiateur méconnu : Raymond Warnier, la France et la Yougoslavie entre les deux guerres mondiales.
12h30-13h Discussion
Après-midi
Présidence : Joseph Krulic (agrégé d’histoire, HDR, chargé de cours à l’université Marne-la-Vallée et à l’IEP de Saint Germain-en-Laye)
14h Hervé Lemesle (docteur en histoire de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : Politiques et intellectuels français face à la rupture yougoslave de 1948.
14h30 Frank Georgi (MCF d’histoire à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) : Le sociologue Albert Meister et l’expérience autogestionnaire yougoslave.
15 h – Discussion et pause
Présidence : Bernard Lory (professeur de civilisation balkanique, Inalco)
15h50 Marie Vrinat-Nikolov (professeur langue et littérature bulgares, Inalco) : L’agence d’État Sofia-presse : modalités d’un transfert de la littérature bulgare en France sous haute surveillance (1967-1989).
16h20 Svetla Moussakova (MCF HDR Université Paris III-Sorbonne nouvelle) : Figures de la médiation bulgare en France.
16h50 Anne Madelain (doctorante au CRH/EHESS) : « Y-a-t-il une vie après la Bosnie ? » Les associations de citoyens contre l’épuration ethnique en France (1993-1996).
17h20 Discussion
Comment parler de médiateurs et lieux de médiation avec l’Europe du Sud-Est en France dans une perspective de longue durée historique (XIXe et XXe siècles) ? Une approche de la construction des savoirs sur l’Europe médiane par les acteurs pose des défis aigus quand on se penche sur cette région.
D’abord, la délimitation de la « région » n’est pas aisée (doit-on inclure la Grèce, la Roumanie, traiter ensemble l’Albanie et l’ex-Yougoslavie ?), sans compter l’incertitude réitérée sur son nom (Turquie d’Europe, Balkans –occidentaux ou pas-, Europe du Sud-Est ou tout simplement « région », selon la nouvelle terminologie en vigueur dans les pays post-yougoslaves). Toute délimitation est conventionnelle et doit être en quelque sorte assumée comme telle. Nous avons pris le parti de ne traiter lors de cette journée que des Slaves du Sud. D’autres espaces nationaux (roumains, albanais) seront abordés ultérieurement.
De plus, le contexte de constructions et déconstructions nationales a longtemps pesé sur ses relations avec le reste de l’Europe : il continue de le faire, avec des conséquences importantes sur les travaux universitaires. Les relations politiques autant que culturelles avec la France en ont été particulièrement affectées, du fait de la réalité et de la mythologie de l’État-nation. La relation à la France a pu être instrumentalisée par des historiographies visant à légitimer les constructions nationales pour lesquelles les périodes « d’amitié » (franco-serbe, franco-roumaine…) et les batailles communes sont les épisodes de prédilection.
Toutefois, si les écrivains et les intellectuels balkaniques ont porté une grande attention aux écrits des Français sur leurs pays respectifs, l’intérêt en France a été épisodique et lacunaire. La méconnaissance de la région nous semble pourtant aussi renforcée par un discours convenu sur cette méconnaissance, qui, à sa manière, participe du balkanisme tel que l’a défini Maria Todorova (1997) et risque d’éclipser les interactions réelles : les traductions littéraires par exemple sont loin d’être négligeables, les mouvements de libération ou les expériences sociales pionnières ont été des moments d’interactions fructueuses.
Dans ce contexte, les médiateurs ont souvent été des personnalités (éventuellement des groupes) passionnés mais isolés et la « médiation », une tâche militante. Il est donc important d’explorer des époques ou des domaines apparemment secondaires, par rapport aux grands récits nationaux balkaniques et français, susceptible d’ouvrir de nouvelles approches et d’interroger aussi la relation de médiation.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Clara Royer (19 octobre 2014). Médiateurs et lieux de médiation de l’Europe du Sud-Est en France – 14 novembre 2014. Connaissance de l'Europe médiane. Consulté le 7 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/mig8
